Bonjour,
Le témoignage d’Amandine me fait prendre conscience qu’on est nombreux.ses à porter ces fardeaux (le jugement sévère sur soi-même, la culpabilisation de ne pas être assez, pas à la hauteur, pas assez productif, etc.). J’espère que ces prises de conscience continuent de te guider au quotidien.
En ce qui me concerne, j’ai pris conscience de ma difficulté à déléguer et, par extension, à faire confiance mais surtout à communiquer mes besoins. J’ai été éduqué comme ça. On m’a souvent dit de me démerder tout seul là où j’attendais des conseils, de l’accompagnement, de l’encouragement aussi. J’ai fini par me dire que ça ne servait à rien d’exprimer mes besoins car, au mieux, les gens n’en ont rien à faire, au pire, ils ne sont pas respectés. J’ai fini par ne pas les respecter moi-même, à prioriser ce qui est important pour les autres, et à endosser une charge mentale XXL sans rien demander à personne de peur de déranger ou qu’on me trouve incompétent si je demande de l’aide. Ça a entretenu beaucoup de frustration et une intolérance à la moindre remarque. J’ai réalisé que je dois être plus à l’écoute de ce que je ressens, que j’apprenne à poser des mots dessus pour mieux pouvoir communiquer et ainsi mieux déléguer.
Une autre prise de conscience qui m’a sidéré : pour faire bref, j’ai grandi dans un environnement castrateur et toxique où je me faisais engueuler copieusement au moindre faux pas. Pour compenser, je faisais tout un tas d’efforts pour montrer que j’en valais la peine dans l’espoir d’un pardon, d’un signe de reconnaissance, un peu de considération, un « susucre » psychologique pour avoir été un bon garçon - qui venait rarement, d’ailleurs. Ce que j’ai réalisé, c’est qu’inconsciemment, j’ai reproduit la même dynamique avec mes client.e.s dans le sens où - après des phases de procrastination intensives à ne pas avancer pendant des jours ou des semaines sur les mandats qui me lient à eux - la chose qui me donnait systématiquement un coup de boost avec l’envie de me surpasser pour leur faire plaisir, c’était lorsque j’étais à deux doigts de « me faire engueuler ». J’ai la chance d’avoir des client.e.s super mais il suffit parfois d’un message de leur part un peu impatient, l’absence d’un smiley ou une tournure de phrase qui y met moins les formes et - POUF ! - comme par magie, la procrastination disparaît et je deviens une sorte de workaholic invincible qui n’a pas peur d’enchainer les nuits blanches pour pouvoir remplir sa mission dans les temps… toujours dans l’attente de son susucre en retour. J’ai compris que je suis maître de mon temps et qu’il m’appartient d’organiser mes journées, de manière à atteindre mes objectifs, à la hauteur de mes ambitions. Et que c’est ça, le vrai susucre

)